Couvertures à tout va

Il me semble que je n’avais pas encore parlé de livres sur ce blog. Je profite donc de la participation à une chaine sur les couvertures de livres que Bélier m’a proposé de continuer.

En fait, j’ai beaucoup réfléchi sur les couvertures qui m’ont marquée pendant toute ma carrière de lectrice. Et je me suis rendue compte qu’il y en avait vraiment beaucoup… Ce qui va suivre ne va donc être qu’un léger aperçu.

Pour commencer, je voudrais parler d’un livre (ou plutôt d’une saga) que j’ai découverte complètement par hasard. A chaque passage en Russie, j’avais pour habitude de faire le plein de livres, en russe forcément, vu qu’en France on n’en trouvait malheureusement pas. Internet à cette époque, je ne connaissais pas encore. Je m’étais donc retrouvée à parcourir les stands de livres sur le marché, et sur l’un d’entre eux, une vendeuse s’était révélée être très (très) bavarde. Elle m’avait ainsi passé en revue un paquet de ses livres, mais avait surtout insisté sur l’un d’entre eux. Клан пещерного медведя d’une certaine J. M. Auel. Pas un auteur russe comme je cherchais, mais elle m’avait intriguée. Il s’agissait d’une série en quatre volumes, couverture cartonnée, pages qualité papier journal, ne coutant pratiquement rien. Mais bon, j’avais un voyage en avion en prévision, le poids du bagage limité, j’ai donc décidé de prendre les deux premiers et de charger ma babouchka de m’envoyer les deux autre si jamais j’accrochais.

D’après la vendeuse, il s’agissait d’un récit se déroulant à la préhistoire. Les couvertures venaient appuyer ses dires, représentant des personnages vêtus de peaux de bêtes, un environnement sauvage et tout ce qui va avec. J’ai lu le premier livre de retour en France. Que dis-je, dévoré. Et là, le drame – le livre supposé être le deuxième était en fait le troisième… Et pour compléter le tableau, en Russie, l’édition de ces livres avait stoppé pour des raisons obscures. C’est alors que j’ai découvert complètement par hasard qu’il y avait aussi une saga sur la préhistoire qui avait fait parler d’elle voila quelques années. Petite expédition dans la bibliothèque du coin donc pour découvrir qu’il s’agissait bien de la même… Les Enfants de la Terre, en français. Mais que c’était dur de passer d’une langue à l’autre, surtout pour la transcription des noms… Mais bon, après tout, ma suite, je l’avais. J’en ai d’ailleurs profité pour acheter les quatre tomes. Les couvertures étaient différentes, mais je pense que je préférais les versions françaises. Malheureusement, il s’agissait de ces couvertures de papier qui recouvrent la couverture cartonnée. Malheureusement parce qu’après des lectures nombreuses, elles ont fini par s’user beaucoup, ce qui donne à présent de simples couvertures noires.

Puis, j’ai appris qu’un cinquième tome venait de sortir en France. Rien de tel qu’une escapade à la librairie pour l’acquérir le plus rapidement possible. Oui, parce que mine de rien, le quatrième avait fini sur un méchant cliffhanger. Et là, j’ai vu que tous les livres avaient été réédités à cause de la sortie de cette suite. Plus de personnages donc, plus de paysages d’une terre encore jeune et hostile. Mais un visuel tentant de se rapprocher des peintures retrouvées dans les grottes que j’ai trouvé absolument superbe.

Dans un tout autre registre, mais toujours dans l’optique d’achat de livres lors des passages en Russie, il y a toute la série sur Erast Fandorine de Boris Akounine. Il s’agissait d’une dizaine de romans policiers que ma mère m’avait demandé de ramener. Je ne connaissais pas cet auteur et j’avais dû pousser jusqu’à Moscou pour arriver à trouver les livres. Des poches d’un noir soutenu avec des gravures en guise d’illustrations de la couverture. Ces pauvres poches s’étaient malheureusement révélés pas des plus solides, mal reliés et sont partis en morceaux dès la première lecture. C’est vraiment dommage, car ça a été ma découverte de cet été là.

Cette série d’Erast Fandorine reste d’ailleurs ma préférée d’Akounine. Mais avec les années, sa productivité reste vraiment ahurissante. Depuis que je l’ai découvert, il a lancé une quantité phénoménale de livres. Mais ce qui surprend surtout, c’est la qualité du texte. Il ne s’agit pas de vulgaires romans de gare, mais de romans où l’auteur s’est grandement documenté pour replacer dans le contexte historique (le tout se déroule fin XIX – début XX aux quatre coins de la planète, mais surtout à Moscou), le tout avec beaucoup d’humour, malheureusement intraduisible en français (j’ai vérifié et j’ai eu peur ^^).

Et pour finir, j’aimerais remonter très loin. Avant mon départ de Russie. Le livre en question a été acheté après un grand traumatisme vécu chez une sadique de dentiste (les dentistes soviétiques resteront à jamais dans mes pires cauchemars, merci à eux). Il se trouve que la librairie de la ville se trouvait justement à côté de la clinique. Et quand nous y sommes allées avec ma mère, ils venaient de recevoir le réapprovisionnement de Moscou, ce qui n’arrivait pas souvent, il fallait donc en profiter.

Il s’agissait d’un livre de contes. Золотая книга лучших сказок мира – Le livre d’or des meilleurs contes du monde. Forcément, la couverture allait avec le thème – rouge et dorée, quelques esprits de la forêt, lutins et compagnie. Des contes d’auteur, des contes populaires. Mais une fois de plus, la couverture a subi un triste sort vu qu’elle ne servait également qu’à recouvrir la « vraie » couverture cartonnée. Maintenant, ce livre n’est plus que vert. C’est dommage, mais il aura toujours une place sur mes étagères.

Et à présent, je laisse la parole à kapi.

Trois p’tits films et puis s’en vont

Ces temps derniers, je me suis lancée dans la (re)découverte de quelques films russes de ces dernières années. Leur point commun – un acteur, Konstantin Khabenskiï, dont une amie a décidé de regarder les films, et qui m’a entrainée dans ce petit marathon.

Admiral

Pour commencer, on part dans de l’historique, et plus précisément du côté de la Première Guerre Mondiale. En 1916 exactement. Dans une Russie encore impériale, on va suivre un futur Amiral (Khabenskiï donc) dans une bataille navale contre la flotte allemande, une entrevue avec le Tsar, mais aussi à des bals où il tombe amoureux d’Anna (Boiarskaia), femme d’un de ses subordonnés. Alors, oui, c’est une histoire d’amour. C’est même l’un des fils principaux du film. Mais pas seulement.

Car, de la guerre, on va doucement basculer dans un conflit civil. Le peuple tentant (et réussissant) de faire tomber le Tsar et le régime. Forcément, après 1916 vient 1917, et 1917, c’est la Révolution Bolchévique. Les militaires sont soit exécutés, soit démis de leur fonction et exilés. Et c’est ce qui arrive bien évidemment à notre Amiral qui se voit proposer de quitter la Russie pour les Etats-Unis. Seulement, il ne l’entend pas de cette oreille. Il monte donc la dernière armée tsariste au fin fond de la Sibérie.

C’est à la fois l’avantage et le souci des films historiques. On en connait la fin. En voyant tout le film le personnage principal se battre pour une cause qu’il croit juste, et qui pourtant sera anéantie par le tout nouveau régime, on attend la fin, celle où ça finira mal pour lui. Et ça ne rate pas. Petit à petit, on voit l’Amiral perdre tout ce qu’il avait, tout ce à quoi il était arrivé. Et finalement, il renonce. Il laisse partir tous les hommes qui lui étaient fidèles pour ne pas les entrainer dans sa chute. Finalement, seule Anna va rester à ses côtés jusqu’au bout.

J’avoue qu’en voyant le sujet du film, j’ai eu un moment d’hésitation. Les films historiques entrainent forcément une part de mensonge. Mais certains arrivent mieux que d’autres au résultat. Je ne sais pas trop le résultat de ce film-ci, il m’a laissé une impression mitigée. En fait, sur cette période de l’histoire russe/soviétique, il n’existe que très peu de films. Le seul autre que je pourrais citer est Dostoianiïe Respoubliki avec Mironov datant des années 1970. Mais là, forcément, on était encore en plein dans le régime soviétique.

Admiral montre aussi la tendance des dernières années dans les films russes. C’est cru, très cru même. Limite glauque par moments. On tente de ne plus faire dans le faux-semblant, comme on aimait tant en URSS. Peut-être que c’est trop, peut-être pas. En tout cas, je sais que j’ai été à jamais traumatisée par l’amputation en direct des deux pieds d’un pauvre officier qui a décidé de marcher sans bottes dans les plaines enneigées de la Sibérie.

En fait, je ne dirais pas que j’ai aimé ce film, tout comme je ne l’ai pas détesté. Par contre, il m’a grandement marquée.

Bednyie Rodstvenniki (Familles à Vendre)

Laissons donc les neiges de Sibérie derrière et partons cette fois-ci du côté de l’Ukraine. Nous voici dans un petit village où un escroc (Khabenskiï, encore et toujours) cherche des petits vieux pour faire d’eux les parents perdus des étrangers originaires d’URSS. Pendant la semaine que va durer cette expédition pour retrouver les soi-disant racines, on va donc suivre ce Edik qui magouille à droite et à gauche, et les familles qui retrouvent le soi-disant parent perdu.

On l’aura compris, c’est une comédie. Pire que ça même – du burlesque poussé à l’extrême. Soit on adhère, soit on n’adhère pas. Personnellement, je crois que ça fait un moment que je n’ai pas autant ri. C’est génial tant c’est absurde. Tout le long du film, c’est chants, danses, coucheries, beuveries. Et quand il n’y en a plus, eh bien, il y en a encore.

Le rythme est rapide. Très rapide. Parce que mine de rien, ces familles débarquées de l’étranger ne sont pas réellement de tout repos.

Entre l’Américain venu retrouver sa sœur, le Canadien venu tuer son oncle et le Juif venu enterrer sa mère, ça tourne au très folklorique. Parce que ladite sœur a un neveu complètement dégénéré qui réclame pendant tout le film une analyse ADN avec le frérot des Etats-Unis, et va jusqu’à tenter de crâmer la maison avec l’Américain dedans. Parce que le Canadien pense que ce pauvre vieux (qu’il pense être son oncle) est un traitre et qu’il doit donc lui régler son compte. Et parce que ce Juif tient à enterrer sa mère dans une tombe qu’il croit être familiale.

La base de tout – le nom du village. Goloutvin. Avec un « ou ». Seulement la ville recherchée par ces étrangers, c’est Golotvin. Avec ou « o ». Celle avec un « o » se trouve à soixante bornes de là et a été rasée pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pas de soucis pour Edik. Soudoyons l’ »autorité locale » pour renommer la ville pour une petite semaine.

Alors, oui, c’est complètement absurde. Jusque dans la fin où tous ces soi-disant membres de la même famille se retrouvent dans la joie et la bonne humeur. Même après avoir appris qu’ils ont été trompés.

Domovoï

Changement radical de décor. On laisse l’Ukraine ensoleillée pour plonger direct dans la Russie pluvieuse. Très pluvieuse.

Ce coup-ci, on va suivre un auteur de romans policiers – Anton (Khabenskiï, au cas où vous ne l’aurez pas compris). Il a eu du succès avec son premier livre – Domovoï (littérallement, « L’esprit de la maison ») pour lequel il s’est basé sur une histoire lue dans un journal. Une histoire sur un tueur à gages se faisant appeler Domovoï qui a sauté du toit au moment où les flics allaient l’attraper.

Seulement, voila, le nouveau livre – Le retour du Domovoï – ne marche pas. Un lecteur le traite d’ailleurs de « merdique » lors d’une séance d’autographes.

Bref, pas très joyeux pour cet auteur qui voit ses manuscrits mis à la poubelle par son éditeur, et qui s’enfonce dans la dépression et l’alcool encore un peu plus chaque jour. Il y a aussi la copine – Vika (Khamatova) – qui en a assez que l’écriture passe avant elle, mais qui ne le quitte pas complètement. Et puis, il y a surtout la fusillade.

Alors qu’il signe les livres dans une petite librairie, il assiste à la réalisation d’une commande par un tueur à gages qui est vient juste de passer pour un autographe. C’est rapide, efficace, et surtout pas comme dans ses livres. C’est ce dernier point qui ne lui laisse pas de repos. Après, c’est passage chez les flics locaux, constitution du portrait-robot, aucun résultat.

Et surtout, la soudaine inspiration qui vient. Qui revient en même temps que ce meurtre en direct. Et pour couronner le tout, le tueur du magasin refait aussi son apparition. Pour quoi ? Pour lui confier une histoire. Ce tueur à gages (Machkov) a envie de voir comment ça fonctionne du côté de l’écrivain, comment il arrive au résultat. Mais cette histoire qu’il lui confie, ce n’est finalement pas assez. Parce que Anton veut plus. Il veut voir, sentir, comment c’est de traquer sa proie, puis de l’exécuter. Sans toutefois aller jusqu’au bout. Même si…

L’expérience qu’il vit le mène par des chemins qu’il n’a pas explorés jusque là. Il va enfin vivre ce qu’il a passé des années à décrire dans ses livres. Et il se rend compte au fur et à mesure que tout ce qu’il a écrit était faux. Il s’est planté en beauté. Mais laissons ça, car un nouveau roman voit le jour. Un roman qu’il écrit au fur et à mesure de son expérience à côtoyer ce tueur.

Cette écriture, ces entretiens, cette traque sur un nouveau russe choisi au hasard dans la foule, tout ça nous plonge un peu plus à chaque coup dans la folie. La folie de l’auteur. La folie du tueur.

Et puis, il y a le petit Pacha. Le fils d’Anton. On ne le découvre pas de suite. Et ce, pour une bonne raison – il est en orphelinat. Avec son père qui lui rend visite deux fois par semaine. Et le plus glauque dans l’histoire, c’est que c’est par choix qu’il a placé son fils dans cet établissement, juste après le départ de la mère du petit.

Dans le genre « film traumatisant », celui-ci se place en assez bonne position. Tout dégénère petit à petit, on s’enfonce encore et encore, on s’embourbe, on se demande comme tout ça peut finir. Et ça finit de la seule manière valable. Dans une folie plus grande encore.

I belonga to you no longa, you no longa belonga to me ♫

J’avais déjà parlé de Piotr Nalitch et de son clip Gitar. Après l’avoir découvert, la curiosité m’a poussé à me laisser guider par YouTube. Du coup, j’ai atterri principalement sur des enregistrements de concerts. Beaucoup en amateurs filmés depuis la salle, à la qualité pas des meilleures. Mais je suis aussi tombée sur des enregistrements pros d’un concert donné au B1 et à IKRA (des clubs de Moscou). J’ai dû passer une bonne après-midi à virevolter d’une vidéo à une autre en découvrant la quantité non négligeable de chansons que Nalitch avait à son actif.

Mais ce qui étonne surtout, c’est le mélange des genres musicaux. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Et dans un paquet de langues aussi, vu qu’il a des chansons en russe, anglais, français, italien et serbe. D’ailleurs, en parlant de langues, Guitar était chantée dans un anglais pas forcément cassé, mais en tout cas avec un très fort accent, presque exagéré, je dirais. Et c’est peut-être cet accent qui fait la marque de fabrique de Nalitch. Interrogé sur cet accent, il s’est contenté de répondre qu’un Russe qui chante en anglais va forcément avoir un accent, des mots sur lesquels il va buter. D’ailleurs un paquet de groupes russes chantent en anglais (les t.A.T.u étant les seules à avoir réussi à se faire connaitre à l’étranger). Mais – toujours d’après lui – cette imitation de la prononciation anglaise sonne bizarrement, donne un côté gauche à la chose. Donc si on suppose qu’il y aura un accent, autant ne pas s’en embarrasser et chanter comme ça vient.

Les paroles, elles, ne volent pas forcément haut. Mais il a choisi dès le départ d’adopter un ton humoristique. Il est là où ne l’attend pas. Bon, forcément, je parle surtout de la partie russe, celle que je comprends le mieux. Parce que comprendre l’anglais à travers l’accent n’est pas forcément évident. Mais ça a aussi de bons côtés. A chaque fois, on découvre quelque chose qu’on n’avait pas saisi la fois d’avant, un mot qui éclaire soudain le sens de la phrase. En fait, ça m’a donné l’impression de retourner quelques années en arrière où j’avais besoin de chercher davantage avant de saisir le sens d’une phrase en anglais. Et, bizarrement, j’ai adoré ça.

Piotr Nalitch s’est fait connaitre par ce clip balancé sur YouTube. Et c’est finalement sans aucun producteur qu’il a réussi à se faire une place, seulement grâce au bouche à oreille de l’Internet. Juste retour des choses – toutes ses chansons sont disponibles en téléchargement libre sur son site, autant celles de l’album sorti en 2008 dans le commerce que celles du live au B1. A une époque où – en France tout du moins – on polémique beaucoup sur la rémunération des artistes, sur le fait que le téléchargement nuit aux Maisons de Disques, je trouve que ça démontre bien qu’Internet peut justement être mis à profit plutôt que d’être tourné en bête noire. S’il avait tenté le parcours classique pour se faire connaitre, ça n’aurait strictement rien donné avec ce type de chansons. Ce n’est pas pour rien que la plupart des radios les ont qualifiées de « non standard ».

Son site propose même le torrent pour télécharger la version DVD du fameux live. Tiens, parlons-en d’ailleurs de ce live. En Russie, les chanteurs reconnus ont pris la sale habitude de chanter en play-back. Alors, certes, c’est joli, mais c’est surtout terriblement prévisible. En regardant ce live, j’ai été soufflée. Et j’ai enfin compris ce que j’aime tant dans sa musique.

C’est le fait qu’il s’amuse. Il chante avec le sourire et se donne à fond. Dans ses chansons, on peut reprocher aux paroles d’être simplistes (même si ce n’est pas forcément vrai à tous les coups), mais on ne peut pas leur enlever le fait qu’elles sont absolument fabuleuses tant au niveau de la musique que de l’interprétation et surtout de la voix.

Pour partir dans les extrêmes, prenons l’exemple de la chanson Yeti. En lisant les paroles, elle parait d’une simplicité infantine – deux malheureux couplets et un refrain. Mais j’ai eu beau l’écouter un paquet de fois, je ne suis pas arrivée à fixer l’enchainement dans mon esprit. J’ai beau connaitre les paroles, les répéter est un tour de force. Mais si on veut partir encore plus dans les extrêmes, nous avons la chanson Patiritilap annoncée lors de ce concert comme une « composition semi-instrumentale ». Et là, ce n’est qu’une suite de « tirgidam » à une allure de course. Aucune parole donc, juste un accompagnement de la musique, une manière de l’appuyer.

Mais poussons encore un peu les limites d’Internet et on se retrouve avec un « Concert Online » qui a eu lieu hier. Du direct retransmis sur un canal de RuTube avec des chansons entrecoupées de questions. Bon, honnêtement, c’est la première fois que j’assistais à une événement pareil. Et je trouve que c’est une chose que tous les chanteurs devraient faire au moins une fois dans leur carrière – chanter dans leur salon devant des milliers de fans planqués derrière leurs écrans. On l’aura compris, j’ai trouvé cette idée absolument fabuleuse.

Ce « concert » a duré une heure et quart et a donné lieu à une vingtaine de chansons. Parmi elles, les inévitables comme Datcha, Gitar, 1solodowhisky (juste OO), Tchaïki, More, Outki-Indoutki (dont la fin résonne encore dans mes tympans). Mais aussi quelques chansons cosaques et tsiganes. Des romances également. Le tout avec quelques musiciens et un accordéon voyageur. Cette heure et quart, je ne l’ai pas vue passer.

Juste un regret – que ça n’ait pas duré plus longtemps ^^

Le site de Piotr Nalitch

L’album « Radost’ Prostykh Melodiï » (cliquez sur la mûre en bas à droite pour l’album complet)

Notchnoï Dozor

Je me souviens encore de l’engouement que ce film avait suscité en 2004 en Russie. En fait, c’est l’un des premiers films russes à vraiment partir du côté du fantastique. En URSS, on en faisait, mais c’était plus de l’absurde (comme ce film d’un magicien qui transforme un ours en homme, et qui lui donne comme seule condition pour rester humain de ne pas embrasser une princesse, manque de bol, l’ours en question tombe fou amoureux d’une princesse…), ou alors de la SF version « dans cent ans, le monde sera merveilleux avec le communisme à son apogée ». Je tendrai donc à dire que Notchnoï Dozor est le premier dans son genre.

Au départ, c’était un livre de Sergeï Loukianenko. Le premier d’une saga de quatre. J’entends déjà les puristes l’exclamer que le livre a été trahi, et tout le toutim. J’aurais plus tendance à voir les deux – le livre et le film – comme deux entités bien distinctes. Le livre du même nom est composé de trois nouvelles. Le film reprend la première.

Quant à l’histoire, la voici dans les grandes lignes.

On commence par Anton Gorodetskiï, en 1992 à Moscou. Il va voir une sorcière pour que celle-ci fasse revenir sa femme qui est partie avec un autre. Petit hic dans l’histoire, elle est enceinte et pas de lui, selon la sorcière. Le meilleur moyen pour la faire revenir est donc de tuer l’enfant qu’elle porte. « Allons-y », accepte Anton. Mais dans son rituel, la sorcière est stoppée par deux hommes et une femme qui surgissent de nulle part. Il s’agit des Autres envoyés pour l’empêcher de commettre ce meurtre. Quant à Anton qu’on a oublié dans son coin, on découvre qu’il est aussi un des Autres, vu qu’il est capable de voir cette petite brigade.

Mais faisons un saut de douze ans en avant. On retrouve notre Anton qui travaille désormais pour ce Notchnoï Dozor (les Sentinelles de la Nuit) et qui se prépare pour sa première mission – mettre HS un couple de vampires qui s’amusent à « appeler » leur proie. Excursion dans le métro moscovite pour chercher la future proie qui se trouve être un garçon qui avance guidé par l’appel. Mais dans ce même métro, Anton tombe nez à nez avec une jeune femme qui a au-dessus de sa tête un tourbillon (voronka), résultat d’une malédiction qu’on lui a lancée.

Voila pour la base. On va donc alterner entre ce garçon – Iegor – qui se retrouve la proie de la vampire rescapée de la mission d’Anton, qui elle ne cherche qu’à se venger de la mort de son compagnon, et entre la jeune femme du métro – Sveta – dont le tourbillon grossit de minute en minute et risque à tout moment d’engloutir Moscou. D’ailleurs, on va suivre une série de catastrophes sur la ville partant involontairement de Sveta – un avion dans l’œil du tourbillon qui tente d’atterrir pendant tout le film, la voisine qui décède, son fils sous le choc de la nouvelle qui fait exploser une centrale électrique, Moscou qui se retrouve dans les ténèbres… Et pendant ce temps, les employés du Notchnoï Dozor cherchent encore et encore qui a bien pu lui lancer cette malédiction, sans aucun résultat. Quant à la vampire, elle se rapproche petit à petit de Iegor.

Mais il convient aussi de présenter ce Notchnoï Dozor et son opposé – le Dnevnoï Dozor (les Sentinelles du Jour) qu’on va abréger en ND et DD. Voila mille ans, les forces du bien et celles du mal ont conclu une trêve. Celle-ci stipule qu’aucun côté ne doit faire ce à quoi il est destiné sans autorisation de leur opposé. Ainsi, les ND veillent la nuit à ce qu’aucun Autre Sombre ne dépasse les bornes. Du côté du DD, c’est le jour que ça se passe et ils veillent à ce que le monde ne devienne pas trop rose. Mais, les deux côtés vont tout de même dans les concessions au camp opposé. Par exemple, le ND délivre des « licences » aux vampires les autorisant à tuer une victime qu’ils auraient choisie.

Mais, en fin de compte, la frontière entre les forces du bien et du mal est bien mince. Le monde n’est ni noir ni blanc. Les Autres Clairs et les Autres Sombres cohabitent dans une entente relative. Par exemple, les voisins d’Anton sont des vampires avec lesquels il entretient des relations tout ce qu’il y a de plus amical. Et puis, ne sont-ce pas les supposés être du « bon côté » qui délivrent leurs autorisations à tuer ?

Ce film est le premier, un second lui faisant suite – Dnevnoï Dozor. Je l’ai trouvé très noir, très dans l’esprit russe finalement. On est loin des superproductions hollywoodiennes. Non pas que la qualité visuelle soit moindre, au contraire, les effets spéciaux sont plutôt réussis pour un film au budget aussi ridicule si on prend en compte les films sortis à la même époque (Le Seigneur des Anneaux et compagnie). Mais je persiste à dire que l’histoire de ce genre n’aurait pas pu se dérouler dans un film autre que russe. La noirceur est omniprésente. Que ce soit ce héros qui n’arrive pas à se défaire de son passé, ou même l’organisation dans laquelle il travaille qui est finalement d’une belle hypocrisie, ou encore la fin qui est quand même fichtrement pessimiste.

Finalement, je crois que c’est la tirade de la vampire en parlant du ND à la fin qui résume bien toute l’ambiance – « Et vous, vous vous conduisez en humains ? Il m’aimait, et vous m’avez donnée à lui comme… nourriture. Et après, vous l’avez tué. Vous, les clairs, les bons, qui ont décidé qu’ils étaient en droit de garder le monde des ténèbres, où vous étiez quand on buvait mon sang ? ».

On peut ajouter à ça des acteurs superbes. Que ce soit Khabenskiï (Anton) que j’ai découvert dans ce film, l’interprète d’Olga, Mironova (la mère de Iegor) ou l’interprète de Iegor, en passant par Guesser ou Zavoulon, ça montre que le cinéma russe peut beaucoup.

Un film à voir !

I’ve never been clever because need it never ♫

Voila comment ça commence. On m’a filé un lien vers une chanson louche sur YouTube.

Au premier visionnage, j’ai eu peur.

Au deuxième, j’ai commencé à reprendre le refrain.

Au troisième, j’étais fan.

Voila d’ailleurs la terrible vidéo.

♫ Guitar, guitar, guitarrrrrrrrrrr, jump to my Yagouaaaaaaaaaaaar ♫

En 2007, suite à un délire à la datcha, Piotr Nalitch balance ce clip monté par ses soins sur YouTube. En 2009, bah ça tourne toujours aussi bien, si ce n’est mieux. On peut ajouter à ça des concerts organisés à Moscou, Saint-Pétersbourg et compagnie, ainsi qu’un album enregistré.

Les paroles, elles, soit il faut les ignorer, soit il faut leur vouer un culte. Elles sont géniales tant elles sont nulles.

Enfin, quelques perles pour finir :

Serdtse PoetaDatchaOverburdenedPatiritilapYetiBlockheadKrylia

10 036

La nuit précédente, a eu lieu une nouvelle édition de la Nuit de l’Ecriture. C’était la deuxième fois que j’y participais. La première fois, je m’en étais tirée avec le compte honorable de 10 023 mots en partant vers les 2h30. Ce coup-ci, j’ai tenu jusqu’à un peu moins de 2 heures avec 10 036 mots. Un défi réussi donc.

Pour commencer, j’étais partie sur l’épisode de challenge que je dois écrire depuis un mois pour Sweeps Quirks TV. Le défi est le suivant – partir sur une invention ayant révolutionné l’humanité, que ce soit une nouvelle brosse à dents, une arme super-puissante, ou bien une nouvelle maille de tricot. J’ai passé un bon mois à me demander quelle serait donc cette invention. Et il y a une semaine, j’ai enfin trouvé. Rien de tel que cette Nuit pour tout mettre par écrit. Enfin presque tout. Disons qu’après en avoir écrit les deux tiers, j’ai eu une forte envie de me replonger dans La Septième Face. En fait, quand j’ai commencé à mélanger les héros des deux textes, j’ai compris que ça n’allait plus.

Pour tout le reste de la Nuit, je suis donc restée bien au chaud du côté de Machin, du Crapaud, de quelques Bondissantes A Clochettes et d’un saut d’une Face à une autre. Et le pire dans l’histoire, c’est que plus je persiste dans ce texte, plus j’ai d’idées pour la suite. En sachant qu’au départ, ce n’était qu’un délire d’une nuit d’insomnie pendant mon séjour en Russie, ça prend des proportions auxquelles je ne m’attendais pas. Mais alors pas du tout. Le truc chouette, c’est que les possibilités sont finalement presque illimitées. A cheminer sur les six Faces de ce Cube, je sens que je vais encore m’amuser pendant un petit moment.

Une chouette occasion que cette nuit pour avancer sur des projets planifiés depuis longtemps. Bref que du bon pour cette édition.

Les Nuits de l’écriture

Sweeps Quirks TV

500 p’tits mots

Après le challenge de la Nuit de l’Ecriture dont le principe était d’écrire 10 000 mots entre 21h30 et 4 heures, je me suis lancée dans un autre défi. Le principe est simple – chaque jour, écrire 500 mots.

Ces 500 mots, ce n’est finalement pas grand chose, la difficulté résidant dans la constance de l’écriture. Car en effet, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, que l’envie soit au rendez-vous ou pas, plus trop le choix. Finalement, c’est un exercice des plus intéressants. Qui n’a pas déjà reporté encore et encore un moment d’écriture sous prétexte qu’il s’était cogné l’orteil au porte-manteau de tatie Suzette ? Qui n’a pas abandonné après avoir bloqué pendant cinq minutes devant une page blanche, en se disant que l’inspiration serait sans doute là le lendemain ?

Même si j’ai pas vraiment à me plaindre du syndrome de la page blanche, j’ai tendance à laisser mariner une histoire longtemps dans ma tête avant d’oser la mettre par écrit. Parce que même si ce ne sont pas les idées qui manquent, c’est la manière de les coucher sur papier qui peut faire peur. Pourtant une fois lancée, on ne m’arrête plus. Dépasser cette phobie du début en se lançant presque à l’aveuglette peut aussi être une bonne chose. Du moins, tout dépend du genre de texte.

Je sais que pour quelque chose comme Le reflet des Ombres, si je partais à l’aveuglette, je me cassais la gueule en beauté. Rien n’étant laissé au hasard, je ne pouvais pas me permettre d’écrire « juste comme ça » sans me préoccuper des conséquences que ça aurait à long terme. C’était d’ailleurs une écriture assez intense. Je me souviens de nuits d’insomnies passées à me repasser encore et encore la scène à écrire en tentant de mesurer les implications pour la suite. Suite à ça, j’ai choisi de partir dans de l’écriture plus intuitive, moins planifiée, avec La Septième Face. Des situations tirées par les cheveux, des personnages qui le sont encore plus, saupoudré d’un culte de la grenouille, le tout sur une planète en forme de cube. Ce n’est ni sérieux, ni crédible, mais j’avais sans doute besoin de quelque chose de semblable dans mon répertoire. D’autant plus que je m’amuse énormément à l’écrire.

Pour cette constance, c’est donc sur La Septième Face que je vais tenter d’avancer. L’histoire est déjà assez avancée (hier, j’ai commencé le chapitre 8), mais j’ai pourtant l’impression que je ne fais qu’effleurer l’histoire.

Plus qu’à ressortir le cahier et le stylo à présent, parce que je compte bien tenir bon !

Les Nuits de l’écriture

La Constance

Soleil Trompeur

Ce film commence dans les rues désertes de Moscou un matin à six heures et finit au coucher de soleil dans des champs de blé. Entre ces deux scènes – une journée. Une journée de la vie d’une famille au fin fond de la campagne soviétique. Mais pas n’importe quelle journée, et finalement, pas de n’importe quelle famille. Il s’agit du général Kotov (Mikhalkov), héros soviétique, respecté et craint. Ce même Kotov qui arrive à détourner des chars qui ont reçu pour ordre de passer par des champs de blé. Une idylle de la société soviétique en somme.

Mais pas seulement ça. En s’approchant un peu plus de cette famille, on découvre des personnages très variés – les deux grand-mères, le professeur, la vieille fille, Maroussia l’épouse aimante et Nadia l’enfant espiègle. Des personnages qui font définitivement penser à une nouvelle de Tchékhov. A travers eux, on retrouve une ambiance purement russe, une sorte de tranquillité, de joie de se laisser vivre pour cette journée de fête. Oui, parce que cette journée, c’est aussi celle où on célèbre la construction des dirigeables staliniens. Ça ne vous dit rien ? Normal, des fêtes de ce genre, il y en avait à la volée. Une fête dont le seul but est d’unir tout le monde, de montrer la toute-puissance du régime, de faire ressentir aux foules que tout le monde est là pour la même cause.

Mais voila que débarque un étranger. Etranger ? Pas tant que ça, puisque ce n’est autre que Mitia (Menchikov, superbe), ami de la famille que l’on n’avait pas vu depuis des années. Et pendant toute cette journée, il va capter l’attention de la famille par son espièglerie, sa joie de vivre apparente. Parce que finalement, derrière la tranquillité de l’ambiance, on sent doucement le drame se profiler. Et ce drame, on le pressent à travers ce Mitia qui débarque, qui fait ressurgir le passé, qui dérange.

Kotov et Nadia

Ainsi, la surface insouciante commence à se rider petit à petit en commençant par Maroussia dans une superbe scène au bord de l’eau. Scène où entre deux plaisanteries, Mitia découvre qu’elle a tenté de s’ouvrir les veines quand il est parti. Mais tout n’est que suggéré, rien n’est abordé vraiment. Et pendant ce temps, Kotov va faire un tour en barque avec la petite Nadia. Une scène d’autant plus terrifiante qu’elle est consacrée à vanter les bienfaits de l’Union Soviétique par le père vis-à-vis de sa fille. Un monde meilleur, un monde où on n’aura à fuir personne. Sauf que cette journée se passe en 1936, pendant les purges staliniennes.

Cette après-midi de baignade est aussi le moment où les masques commencent peu à peu à tomber. Ainsi, Mitia qui s’est retrouvé seul avec Maroussia, en profite pour évoquer cette nuit où son père est mort, cette nuit où ils se sont retrouvés sous la pluie battante sur cette même berge. Il y a une grande amertume qui s’en dégage, résumée par une simple phrase – « Je pensais que s’il n’y avait pas de vie pour moi, il n’y en aurait pour personne ».

L’après-midi au bord de l’eau se termine par une simulation d’attaque chimique. Rien de tel que d’être préparé à tout moment pour subir l’attaque des ennemis. C’est ainsi que Kotov et Nadia retrouvent la plage déserte à leur retour, tout le monde s’étant refugié à la maison. Et là, c’est de nouveau musique, danses et chants, en célébration à la joie de se retrouver. Puis vient le repas qui est une occasion d’évoquer le « bon vieux temps », l’époque d’avant-révolution, et surtout une occasion pour Kotov de crier haut et fort sa loyauté envers le système, ce qui est d’une ironie malsaine si on prend en compte que c’est ce même système qui va finir par le rattraper. Mitia enchaine avec un conte à l’attention de Nadia à première vue, mais surtout pour Kotov et Maroussia, un conte cruel pour expliquer de manière détournée les raisons de son absence. Connaissant Maroussia depuis sa naissance, il a à de nombreuses reprises été envoyé à l’étranger, a joué le rôle d’agent-double et a ainsi perdu celle qu’il aimait, par l’intermédiaire de Kotov (ou plutôt de son administration) qui s’est chargé de l’envoyer à l’étranger.

Mais la journée tire à sa fin, Mitia se prépare à partir et demande à parler à Kotov. Pour lui annoncer quoi ? Qu’une voiture va passer le chercher et qu’il devra monter avec lui. Tout est dit. Aucune porte de sortie, aucune échappatoire. Pourtant Kotov veut encore y croire et jusqu’à la fin, il va continuer à sourire, à plaisanter en disant que le lendemain, il appellera Staline et que tout ce malentendu sera dissipé.

Cependant, la « Volga » noire est déjà là avec les trois hommes venus le chercher. Et c’est sans rien révéler ni à sa femme ni à sa fille qu’il va monter avec eux et Mitia, et la petite Nadia à qui on a permis d’aller dans la voiture jusqu’au virage.

Ce film est sorti en 1994, trois ans après la chute de l’URSS. C’est d’ailleurs l’un des premiers à dénoncer la barbarie du régime de Staline et de ses purges. Et là, c’est vraiment un coup porté à la propagande subie pendant des décennies. Kotov passe du héros national à l’ennemi du peuple en à peine une journée. Mitia se retrouve finalement avec le rôle du salaud qui n’hésite pas à faire exécuter un témoin de l’arrestation de Kotov (un pauvre bougre qui se retrouve bon gré mal gré sur la route de la « Volga »), et qui pour finir s’ouvre les veines dans sa baignoire, incapable de supporter le poids de ses actes.

L’une des scènes finales, peut-être la plus forte du film, est celle de ce dirigeable (c’était la Fête du Dirigeable, rappelez-vous) qui s’élève lentement dans les champs de blé et tire derrière lui le portrait de Staline sur un fond rouge. Et là, Mitia salue presque machinalement cette image, ce chef, ce « petit père de la patrie » qui lui a pris sa vie et des milliers d’autres.

Pour moi, ce film est un pur chef-d’œuvre, l’un des plus forts de Mikhalkov. L’interprétation de sa propre fille dans le rôle de Nadia y est sans doute pour beaucoup. C’est à la fois terrible et délicieux de voir cette enfant insouciante face à la machine folle du stalinisme, une enfant qu’on essaie de laisser un maximum dans l’ignorance et à laquelle on apprend à aimer sa patrie. Quant à Menchikov (Mitia), il joue avec brio ce rôle de séducteur amer et de salaud malgré lui face à la folie ambiante.

On est fou ou on ne l’est pas…

Tout avait commencé de manière tout à fait innocente. Un post sur un forum parlant d’une série britannique décalée et kitch à souhait. Soit. J’ai voulu tester. Quelques semaines plus tard, je n’avais malheureusement plus grand-chose à me mettre sous la dent. C’est alors que j’ai appris que cette série avait eu une première version datant de… 1963. Rien que ça. Cette série, c’était Doctor Who.

Mais encore ? Diffusée entre 1963 et 1989, elle compte 26 saisons et plus de 600 épisodes. Il s’agit également de la série la plus longue de l’histoire de la télévision. Le hic dans l’histoire, c’est que cette série n’avait connu aucun doublage et encore moins un semblant de sous-titrage. Mon anglais n’étant pas courant, c’était quand même pas forcément évident à suivre.

Après maintes recherches, je suis tombée sur une Team qui se formait à peine et qui se donnait la folle perspective de sous-titrer toute la série Classic. Il n’en a pas fallu plus pour m’intéresser. Malheureusement, cette petite team n’a pas survécu bien longtemps. L’envie y était pourtant, mais les gens ont eu tendance à déserter de manière assez spectaculaire.

L’arrivée de quelques nouveaux membres a néanmoins suffi à remettre la machine en marche. Mais l’Admin ayant été porté disparu, nous avons décidé de tout reprendre à partir de zéro. Le 2 juillet 2008, ont vu le jour un nouveau forum, un nouveau site de gestion, une nouvelle méthode de travail, ainsi qu’une massive campagne de recrutement.

Je ne dirai pas que nous n’avons pas eu de déserteurs, mais une Team plus solide s’était formée. Une Team de psychopathes, avouons-le. Pour oser se joindre à un projet d’une telle envergure, il faut l’être. Histoire de se faire peur, nous avions calculé qu’il nous faudrait 20 ans pour boucler les 26 saisons.

Ce n’est pas sans embûches que nous avons réussi à finaliser la première saison. Entre les pertes de données, les pertes d’ordinateurs, les pertes de personnes, nous n’étions pas forcément partis gagnants. D’autant plus qu’une des difficultés de cette série porte un joli nom – « épisodes reconstitués ». Ces reconstitués sont des épisodes effacés par la BBC qui avait fichtrement besoin de bobines. La seule chose conservée des épisodes en question est la bande son récupérée la plupart du temps par des téléspectateurs. A partir de l’audio et de photos, des épisodes reconstitués ont vu le jour. Il s’agit d’un diaporama avec la bande son en arrière plan.

Mais nous avons tenu jusqu’au bout… de la saison 1 et le 29 novembre 2008, nous avons enfin pu sortir les sous-titres tant attendus et déjà annoncés à plusieurs reprises. C’était quand même beau de voir le tout premier TARDIS…

Et puisque nous étions si bien partis, avec de nouveaux membres qui étaient venus grossir nos rangs, nous avons de suite enchainé avec le sous-titrage de la saison 2. Une saison qui nous a permis de voir une meilleure manière d’utiliser un téléphone ou d’allumer une allumette.

Après de longs mois d’un travail acharné (si, si, quand même), nous avons décidé d’un commun accord de lancer la première histoire pour l’anniversaire de notre team. Et oui, déjà un an. Ainsi, le 2 juillet 2009, les sous-titres de la première histoire de la saison 2 ont commencé à être diffusés. Quant à la suite, espérons que la rentrée nous sera favorable.

Et après ça, quelques 24 saisons…

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